Lorsqu’une organisation cherche à désiloter sa gouvernance ICT, la tentation est souvent de commencer par les outils, les processus ou les systèmes de management.
Dans la pratique, ces approches échouent fréquemment pour une raison simple : la gouvernance ne peut pas être cohérente tant que les rôles, responsabilités et référentiels ne sont pas harmonisés.

L’harmonisation constitue le véritable point de départ de la méthode MS4ICT.


Désiloter commence par identifier “qui est qui”

Dans de nombreuses organisations, une même fonction est perçue différemment selon le contexte dans lequel on se place.

Prenons un exemple courant : le Responsable Risque.

  • Du point de vue de l’IT, il est parfois perçu comme un acteur issu de la finance.
  • Du point de vue de la direction, il peut être vu comme une fonction de contrôle.
  • Du point de vue juridique, ses responsabilités ne sont pas toujours explicitement reliées aux obligations réglementaires.
  • Du point de vue des RH, son rôle peut être défini de manière partielle ou administrative.

Résultat : une même fonction existe, mais sous des interprétations fragmentées, sans vision transverse.

Dans ces conditions, il est fréquent que la gestion du risque ICT soit confiée à une autre fonction — par exemple l’ICT Risk — non pas par choix méthodologique, mais parce que les rôles ne sont pas harmonisés et ne communiquent pas entre eux.


L’harmonisation des rôles et responsabilités

L’un des principes clés de MS4ICT consiste à harmoniser les rôles et responsabilités avant toute autre action.

Harmoniser signifie :

  • identifier clairement une fonction,
  • définir ses responsabilités de manière cohérente,
  • relier ces responsabilités aux obligations légales, réglementaires et normatives,
  • assurer que cette fonction est reconnue de manière identique par l’IT, la direction, le juridique, les RH et les fonctions de contrôle.

Cette harmonisation recrée le lien qui aurait dû exister dès l’origine entre les disciplines, et constitue une première forme de désilotation, sans aucun outil supplémentaire.


Harmoniser, ce n’est pas inventer — c’est s’aligner

Une seconde dimension essentielle de l’harmonisation consiste à s’appuyer sur des standards externes existants, plutôt que de créer des référentiels internes isolés.

Dans le domaine du risque, par exemple, l’utilisation de taxonomies harmonisées, telles que celles publiées par l’ENISA, permet de :

  • structurer les catalogues de risques,
  • faciliter la comparaison entre cadres,
  • éviter la prolifération de définitions locales,
  • renforcer la cohérence dans le temps.

Relier le catalogue de risques de l’entreprise à un standard externe constitue déjà une démarche d’harmonisation, au cœur de la méthode MS4ICT.


L’harmonisation des systèmes de management

L’harmonisation ne concerne pas uniquement les rôles ou les risques.
Elle concerne également les systèmes de management eux‑mêmes.

Lorsqu’une organisation dispose, par exemple, d’un ISMS et d’un AIMS, ces systèmes sont souvent gérés séparément, avec leurs propres référentiels, leurs propres risques et leurs propres contrôles.

MS4ICT s’appuie sur le principe selon lequel ces systèmes reposent sur un socle commun — notamment celui défini par l’ISO/IEC 27001 — et que les relier à ce socle constitue une étape d’harmonisation et de standardisation.

Il ne s’agit pas de fusionner les systèmes, mais de rendre leurs liens explicites, afin de restaurer une lecture cohérente de la gouvernance.


Pourquoi l’harmonisation est indispensable

Sans harmonisation :

  • la désilotation reste théorique,
  • les informations sont dupliquées,
  • les responsabilités se chevauchent,
  • la gouvernance devient difficile à expliquer et à démontrer.

Avec l’harmonisation :

  • les rôles sont clairs et reconnus transversalement,
  • les risques sont structurés autour de référentiels communs,
  • les systèmes de management peuvent être reliés sans être confondus,
  • la gouvernance devient lisible, cohérente et durable.

Dans la méthode MS4ICT, l’harmonisation n’est pas une étape optionnelle.
Elle constitue le fondement sur lequel le moteur de cohérence peut ensuite créer des liens efficaces entre responsabilités, risques, obligations et décisions.


Conclusion

Avant de chercher à désiloter par les outils ou les projets, il est indispensable de désiloter par le sens.
L’harmonisation des rôles, des responsabilités et des référentiels constitue la première brique de toute gouvernance ICT cohérente.
C’est à partir de cette harmonisation que MS4ICT déploie ensuite son système de management et son moteur de cohérence, permettant une information unique, des vues multiples, et une gouvernance explicable à 360°.